SORTIE DU DÉCONFINEMENT À COVÉA AVIS DE LA CFDT SUR LES MESURES SANITAIRES ENVISAGÉES

UN BON PROJET DANS L’ENSEMBLE AVEC DES POINTS DE SURVEILLANCE

Pour la première fois de notre histoire, la société française et toutes ses composantes se sont retrouvées face à une situation aussi imprévue que dangereuse…

Imprévue parce que, il y a encore quelques semaines, personne n’aurait imaginé que la population française allait se retrouver confinée chez elle pendant 2 mois. La liberté de circulation a été remise en cause par un virus aussi contagieux que soudain ;

Dangereuse parce que, elle mettait à la fois en péril la santé physique des citoyens, mais aussi, la santé économique d’un pays tout entier.

Notre entreprise a su s’adapter et a très vite réagi en mettant la quasi-intégralité de ses salariés à l’abri, à la fois physiquement, mais aussi financièrement, en décidant de verser la participation et intéressement en temps et en heure (alors qu’il était possible de reporter jusqu’en décembre 2020), mais aussi en faisant le choix fort de ne pas recourir au chômage partiel.

Le travail de confinement et de sécurisation s’est déroulé rapidement, avec une protection des salariés primant sur les obligations économiques.

Mais tout cela est déjà loin… 60 jours se sont écoulés, le président a parlé, et le déconfinement va commencer. Le déconfinement va également commencer chez COVEA, dès le 11 Mai, dès que possible en réalité.


LA DIRECTION DOIT APPORTER LA PREUVE QUE TOUT EST MIS EN ŒUVRE POUR ASSURER LA SÉCURITÉ SANITAIRE DES SALARIÉS

Des mesures fortes ont été présentées, l’entreprise ayant une obligation de moyens « renforcée » selon les dires de la ministre du Travail, c’est-à-dire qu’elle doit prouver à qui de droit que tout a été mis en œuvre pour assurer la sécurité des salariés, tel que demandé également par le secrétaire général de la CFDT.

Ces mesures fortes, complètes, ont donc été présentées à l’ensemble des organisations syndicales, non sans avoir fuitées auprès des directions métiers auparavant.


Pour rappel : Le respect des instances et la primeur des informations aux représentants des salariés sont la base d’un dialogue social réussi.

Les mises à jour des RI et du DUER sont des éléments importants dans la construction de l’après COVID, et permettent de mesurer la prise de conscience de la direction et la volonté de protéger les salariés du groupe.


LE TÉLÉTRAVAIL RESTE LA RÈGLE POUR PLUS DE 13 000 COLLABORATEURS AU SEIN DE COVÉA

Les élus CFDT sont satisfaits de constater que les directions transverses telles que la DTSI, DGI et la DIARD restent à l’écrasante majorité en télétravail. C’est un très bon signal envoyé à nos collègues, en reconnaissant la qualité de leur travail fourni durant ces 2 mois malgré l’éloignement, et en continuant à les protéger au maximum.

Les salariés MMA, PJ et Fidélia, dans leur quasi-totalité, restent également à leur domicile.

Les directives gouvernementales sont bien suivies. Le télétravail restera donc la pierre angulaire de la sortie de confinement chez COVEA avec environ 13 000 salariés qui seront concernés. D’autres directions, DSP, DAV ont opté pour un retour plus progressif de leur effectif sur sites avec bienveillance.


CERTAINES DIRECTIONS ENVISAGENT DES RETOURS SUR SITE TROP RAPIDES

Mais pour le reste, il existe des décisions de directions métiers, voire des directions de marques qui nous interpellent.

Ces mesures de déconfinement, aussi fortes soient-elles donc, risquent de ne pas aussi protectrices pour tous les salariés.

Avant de revenir sur le lieu de travail, il faudra dissiper les peurs, sentir de la bienveillance, de l’accompagnement…  

La CFDT a toujours considéré que le dialogue était une réponse aux difficultés sociales d’une entreprise. Alors dialogue, écoute et empathie il doit y avoir. L’urgence économique est une chose, la sécurité et la sérénité des salariés en est une autre, et pourtant, ces éléments ne sont pas incompatibles.


UN PROJET DE DÉCONFINEMENT PLUTÔT BON AU GLOBAL, MAIS CHAQUE CSEE DOIT RESTER VIGILANT QU’AU DÉPLOIEMENT PAR MAISON

Des alertes très fortes ont d’ailleurs été émises par les élus CFDT dans les CSEE concernés. Les élus du CSEC sauront vous interpeler sur ces sujets si les situations anxiogènes n’évoluent pas.

Pourtant, la CFDT le répète, ce projet de sortie de confinement est un bon projet.

Il existe malgré tout de vraies problématiques dans les grandes agglomérations ainsi que la région parisienne. L’entreprise a déjà fait un premier pas vers les collaborateurs en prenant en charge certains coûts liés à l’usage de transports individuels, mais cela ne suffit pas. Certains devront encore utiliser les transports collectifs. Il faut encore renforcer les plans d’accompagnement et de protection pour que ces collaborateurs soient rassurés.

Également, il n’est pas prévu d’avoir obligatoirement une présence sur les sites de SST.

Ceci est une demande forte de la CFDT : la mise en sécurité de nos collègues passe également par le fait d’avoir des référents formés à la mission sur les grands sites.

DE L’IMPORTANCE D’ACCOMPAGNER LES PERSONNES VULNÉRABLES

De plus, la période de 2 mois de confinement a pu rendre certains salariés vulnérables, la direction a prévu de les accompagner au mieux, et n’oublions pas nos managers, maillons forts de l’entreprise qui auront besoin également d’un accompagnement important.

S’ASSURER DE L’APPLICATION DU DISPOSITIF PAR LES MANAGERS

Les niveaux intermédiaires de la cordée managériale doivent appliquer les mesures édictées par COVEA et ne pas mettre une pression excessive sur les managers de proximité. Personne ne doit rester sur le bord de la route.

Les réponses apportées dans les différentes instances centrales ont permis de nous rassurer quant aux ambitions de la direction COVEA et sur sa bienveillance.

Mais aucun blanc-seing ne peut être donné si les consignes ne sont pas les mêmes entre les directions métiers et les élus des CSEE CFDT sont très en alerte sur ces sujets.

Fort de tous ces éléments, prenant en compte le très bon travail préparatoire de la direction mais sans oublier les inquiétudes de certains collègues, et compte tenu du périmètre sur lequel le CSEC est consulté la CFDT donne un avis positif sur les mesures proposées.

Des avis différents ont été émis de la part des élus CFDT dans les CSEE car des problématiques fortes spécifiques aux établissements existent. Vous devez les écouter.

La CFDT sera particulièrement vigilante sur ces points, sur la déclinaison opérationnelle des mesures et souhaite que le suivi de ce déconfinement, qui sera réalisé au travers de la CSSCTC, également au travers des CSSCTE, permettra de corriger certains écarts de traitement, pour que la sortie de confinement se passe dans les meilleures conditions.

SPÉCIAL CORONAVIRUS

Prime exceptionnelle de déplacement

Nous sommes rentrés dans une situation de crise d’une ampleur exceptionnelle. C’est la raison pour laquelle votre équipe CFDT Covéa s’est démenée pour que 97% des collaborateurs soient placés en télétravail en moins de 72h. Toutefois, certaines activités nécessitent que les collaborateurs continuent à travailler sur les sites de l’entreprise.

UNE PRIME EXCEPTIONNELLE DE 40€ PAR JOUR DE DÉPLACEMENT SERA VERSÉE AUX SALARIÉS QUI TRAVAILLENT OU SE DÉPLACENT SUR SITE

  • Montant : 40 € bruts par jour
  • Versée en totalité quelle que soit la durée de présence sur site (pas de proratisation)
  • Versée à compter du 23 mars jusqu’au 3 mai

AVIS DES ÉLUS CFDT SUR LE PLAN PRÉVISIONNEL STRATÉGIQUE ET SOCIAL

CONSULTATION DES ÉLUS SUR LE PPSS :
UN PROJET SANS AMBITION ET INADAPTÉ

Les élus du CSEC sont amenés à se prononcer sur la réactualisation du PPSS (Plan Prévisionnel Stratégique et Social), présenté pour la première fois en fin d’année dernière, au regard de la stratégie définie dans le cadre de COVEA @venir 2021. Nous nous sommes déjà exprimés sur ce nouveau plan stratégique qui, selon nous, manque d’ambition sur le plan du développement commercial avec une progression peu ambitieuse de 2 % du CA.

En revanche, la Direction Générale n’a qu’une obsession diminuer les frais généraux, en utilisant comme principal levier, les frais de personnel. Pour ce faire, cette dernière n’hésite pas à remettre en cause le statut commun et ses avantages pour faire des économies.

En réalité, la véritable difficulté de notre groupe réside dans le manque d’ambition de la direction qui entraine un essoufflement de notre développement commercial sur le marché du particulier et, à l’ère du digital, une absence d’innovation dans la commercialisation de nos produits

Notre constat est le suivant : le modèle ayant fait les heures de gloire de la MAAF est à bout de souffle. La dynamique commerciale GMF est pénalisée par des outils informatiques d’un autre temps et des bugs à répétition. Enfin chez MMA, même si le virage du pro et de l’entreprise a été initié, il reste encore beaucoup à faire pour mettre en ordre de marche l’ensemble de notre réseau d’agents dans cette dynamique.

Il faut un changement stratégique fort, une transparence des directions et regagner la confiance des équipes pour redresser la barre.
« En définitive, l’ambition n’est plus au rendez-vous et les salariés en paient les frais. »

UN DIAGNOSTIQUE EN 3 TEMPS

Selon la CFDT, l’origine de ce « mal » repose sur 3 éléments majeurs :

1. La gouvernance de l’entreprise

Portée par les projets CERNAY 1 et 2, elle sclérose le processus de décision. Hier, nous avions un tandem avec des rôles clairement définis entre le Président et le DGD Assurances.

Une « cour » du Roi plus qu’un organe de direction
Aujourd’hui, « la garde rapprochée » de notre Président est plus dans une lutte de pouvoir pour connaitre qui sera « l’héritier » que dans une construction collégiale, chacun défendant son pré carré au détriment du collectif.

Le salarié COVÉA, un « bouc émissaire » facile !
Un exemple parmi tant d’autres : le revirement de positionnement vis-à-vis du statut commun. En juin 2017, tous les membres du Comex COVEA se félicitaient de sa signature, négociée en un temps record faisant la une de la presse et la fierté de COVEA. Aujourd’hui, certains membres du Comex le critiquent ouvertement et lui font porter la responsabilité de la dérive des frais généraux, des mauvais résultats commerciaux…
Réfléchir avant de s’engager dans la signature de ce pacte social assumé et voulu à l’époque par le Président aurait été plus responsable que de vouloir lui faire porter la responsabilité des dérives d’aujourd’hui !

2. Une stratégie informatique

La Direction a pris un retard conséquent dans le développement des parcours digitaux, pourtant indispensables pour répondre aux nouveaux modes de consommation des sociétaires et prospects.

À cela se rajoute l’obsolescence des SI, notamment sinistres, et la complexité d’interfacer les systèmes avec des progiciels du marché, nouvelle tendance du schéma directeur de la DTSI…

Les investissements sont pourtant conséquents et se comptent en centaines de millions d’euros. Pour exemple, Salesforce, et Ecla, qui ne sont pas aux attendus et mettent le groupe COVEA en difficulté. 

L’intégration n’est pas aussi facile que nous l’avions imaginée, à tel point que le déploiement prévu chez les agents MMA a pris un retard considérable, ce  qui impacte les démultiplications chez MAAF et GMF respectivement prévues en 2020 et 2021. Paradoxalement, ce projet est un élément majeur de la nouvelle stratégie du groupe, du PPSS, qui pèse de façon conséquente sur nos frais généraux. 

La Direction Générale ne prend pas ses responsabilités et s’acharne en continuant à dépenser des millions d’euros, alors que cela ne fonctionne pas. Parfois, il est préférable de  savoir assumer ses pertes plutôt que de s’obstiner ! Corollaire de tout cela, les arbitrages budgétaires pour maintenir à flot ce projet, ont condamné en partie les investissements nécessaires pour le maintien et le développement des applicatifs métiers, fragilisant ainsi le cœur de nos outils de production. 

N’omettons pas de souligner au passage qu’on a laissé pour compte une grande partie des collaborateurs de la DTSI au profit de ressources externes.

Il ne faut jamais oublier le vieil adage « pendant les travaux la vente continue » !

3. Le dossier SCOR

Lui aussi, est responsable indirectement de cette situation. Les attaques portées par Mr KESSLER et la société SCOR, à l’encontre de notre groupe, sur l’opacité de notre gouvernance, notre laxisme en matière de gestion des frais généraux entre autres, et la remise en cause de la probité de notre Président, a mis Covéa sous la lumière des projecteurs de l’ACPR, des autres acteurs du marché et de la presse. Cela a eu pour conséquence de semer le doute dans l’esprit des collaborateurs et chez certains de nos sociétaires, notamment sur l’utilisation de nos fonds propres.

Les moyens humains et financiers (pour payer les avocats, les banques d’affaires…) que la Direction Générale a mobilisés, pour démontrer qu’un groupe Mutualiste était capable de jouer dans la cour des grands et de répondre aux accusations, nous a pénalisé sur notre cœur d’activité et a incité notre Direction Générale à aller encore plus loin dans la maîtrise de nos frais généraux dans le seul but d’afficher des garanties vis-à-vis des marchés financiers.

LA CFDT COVÉA DÉNONCE LE MANQUE DE COURAGE ET D’ENGAGEMENT POUR NOTRE ENTREPRISE ET SES COLLABORATEURS

POURQUOI AUJOURD’HUI LA CFDT, QUI A TOUJOURS ÉTÉ UN ACTEUR MAJEUR DANS LA CONSTRUCTION DU GROUPE COVEA, FAIT-elle UN BILAN AUSSI CRITIQUE ?

Notre analyse est assurément sévère mais réaliste. Insidieusement la Direction Générale veut remettre en cause le pacte social que nous avons signé avec elle au motif qu’il coûterait trop cher.

De la même manière, elle n’assume pas ses échecs et cherche à en faire porter la responsabilité aux collaborateurs qui ne seraient prétendument pas assez performants, compétitifs, employables… Comment voulez-vous avoir des équipes fières et engagées quand les outils ne fonctionnent pas, que la stratégie n’est pas claire et partagée et que les Directions métiers raisonnent encore par marques sur l’organisation du travail ?

Nous sommes très loin de l’entreprise unique voulue par notre Président lors de la réunion du top management de septembre 2014 à Bordeaux.

POUR VOTRE ÉQUIPE CFDT, DIRECTION ET SALARIÉS SONT LES DÉPOSITAIRES D’UNE RÉUSSITE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE QU’IL FAUT PRÉSERVER

Que ce soit MAAF, GMF ou MMA, nos entreprises ont toutes failli disparaitre à un moment donné de leur histoire à cause d’erreurs stratégiques de leurs gouvernants. Pour autant, le corps social de chacune de nos maisons a su relever les défis pour survivre et parfois, au prix de sacrifices importants : Gel des salaires chez GMF, baisse de salaires chez MAAF, Plan à 1 000 jours chez MMA… 

Aujourd’hui, nous sommes fiers d’avoir pu traverser ces épreuves, au service de nos sociétaires tout en créant de la richesse qui fait que notre groupe dispose de près de 17 milliards d’euros de fonds propres et donc d’une solvabilité parmi les meilleures du marché.

Cette richesse doit naturellement être aux services de nos sociétaires, de notre développement pour financer nos outils de production, et des acquisitions externes éventuelles. Mais elle doit aussi contribuer à l’amélioration des conditions de travail, et de la rémunération des collaborateurs. Des salariés heureux font des clients et des prospects satisfaits et fiers de leur assureur.

Pourquoi ce rappel ? Nous sommes tous de passage dans l’histoire de notre  groupe que nous soyons salariés ou PDG, et nous avons aussi tous une obligation, de le pérenniser pour les générations futures. 

Nous pouvons tous nous mobiliser pour redresser la barre comme nous avons su le faire par le passé. Pour ce faire, il faut avoir un discours de vérité et réformer en profondeur et non pas par petites touches successives. Il faut donner un sens global à la stratégie déployée.

FAIRE FACE ET SE DONNER LES MOYENS DE SES AMBITIONS

Pour la CFDT, il n’y a aucun sujet tabou : l’introduction de l’Intelligence Artificielle, le remaillage ou la convergence de nos réseaux de distribution, la simplification des process de gestion, la refonte de notre informatique, la consolidation des CCC… dès lors que cela ne se fait pas au détriment des conditions de travail et l’équilibre vie privée/vie professionnelle.

La DRH doit disposer de moyens conséquents pour accompagner ces changements auprès des managers et des salariés. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas car nous manquons cruellement de RRH, et d’outils pour nous accompagner.

Il reste un sujet de fond, qui faute de courage de notre Direction Générale COVEA, n’est pas véritablement abordé dans ce PPSS sauf à travers « Simplifions MMA », c’est le niveau de l’emploi.

EMPLOIS, IL VAUT MIEUX PRÉVENIR QUE GUÉRIR

Là aussi, il faut être responsable et ne pas se mentir. Si la Direction juge que le niveau des effectifs est trop important, elle doit le dire et travailler le sujet sans tabou. Dans les années à venir, nous avons une opportunité, avec les départs en retraite, de remodeler nos effectifs en douceur vers les métiers assurantiels de demain. Si cette dernière n’est pas saisie, il sera trop tard et nous serons obligés de mettre en œuvre des dispositifs bien plus violents, type Plan de Sauvegarde de l’emploi. 

Alors, le niveau des effectifs est-il trop élevé ? Tous les signaux envoyés par notre Direction Générale tendent à le démontrer mais plutôt que de l’assumer, elle a choisi l’option de facilité qui consiste à déconstruire le statut commun pour réduire les frais généraux en croyant ainsi éviter de faire trop de vagues. Il faut un changement stratégique fort, une transparence des directions métiers pour regagner la confiance des salariés.

Comme nous l’avons expliqué, l’équation à résoudre pour améliorer notre performance passe par le développement commercial et non pas, par la remise en cause de la condition sociale des salariés du Groupe, qui en font sa force et sa richesse. La solution intègre nécessairement une prise de conscience de nos dirigeants pour repenser le modèle autour d’un dialogue social constructif pour lequel la CFDT se veut optimiste. La CFDT émet donc un avis défavorable sur le PPSS.